BY WASH_INK / CREDIT PHOTO BY MARC JARDO

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GRAFFITI IS AN ART OF POWER

WHICH MUST BE USED WITH

WISDOM 

CE N'EST PAS CE QUI EST ÉCRIT QUI EST IMPORTANT, MAIS CE QUE TU EN FAIS !

 
 

DON'T REACT !

ACT !!!

Rencontrer une personne tel que Benjamin Locatelli est une expérience déroutante, car il n’apparait jamais comme on peut s’attendre. Tantôt jean, tee-shirt, basket ; tantôt paré de ses vêtements de peintre révélant ses couleurs du moment ; ou tantôt en costard, cravate et mocassins. 

 

L’attitude s’en suit également, une fois c’est un enfant skatant sur des slides de sociabilité avec toute l’aisance que nous lui connaissons, une autre fois cet ado à capuche tel une séparation entre son monde et le nôtre. Et enfin un homme séduisant, droit, à l’aise dans ce rôle de business man qu’il gère à merveille. 

 

Parmi toutes les facettes de ce personnage, qu’il serait tout à fait trompeur de catégoriser d’artiste, ou même de le catégoriser tout cours, un élément se dégage. Une analyse très précise et constante de son environnement, de chaque instant, et de chaque personnes rencontrées. Il s’en dégage un lucidité désarmante, celle que l’on peut imaginer d’un passionné en communication cherchant le point d’impact qu’il aura auprès des personnes.

 

Pour comprendre son arrivée dans le monde de l’art, il est nécessaire et intéressant de retracer un peu son chemin.

 

Benjamin est né dans l’Est de la France dans une famille d’artisans et de commerçants. Son engagement pour réformer l’éducation commence déjà dès son entrée à l’école où il passe plus de temps à élaborer des stratégies pour s’enfuir que d’écouter en classe. Il se débrouille tout de même pour obtenir un diplôme de vente au lycée français. En même temps, Benjamin teste fortement la vie, vole, deal, dégrade… fait ses expériences. Pour quelqu’un ressentant les événements aussi intensément que lui, quoi de mieux que le Graffiti avec ses lettres, ses couleurs et ses formes, un art qui n’a pour obstacle que le support, donc autant dire aucune barrière. C’est le moyen qu’il trouve afin de sortir de sa case. Mais à nouveau, controverse sur controverse, l’illégalité, bien qu’un passage obligé dans lequel il aura laissé quelques plumes, n’est pas du tout ce qui l’intéresse, car « ce n’est qu’une histoire d’appartenance, d’identité qu’un individu se donnera afin de se sentir reconnu ». Lui cherche autre chose… C’est au final hors de tous ces cadres qu’il se développera autant personnellement qu’économiquement. Son choix est fait, il ne restera pas à la place qui lui a été assignée.

 

C’est dans la communication que Benjamin trouve sa voie, mais à nouveau, pas celle qui nécessitera de rester derrière un ordinateur à longueur de journée, mais celle qui provoquera, sur ses toiles ou par ses conférences et interventions dans les écoles (revanche ?). C’est d’ailleurs toujours un étonnement de voir ce jeune homme souvent renfermé, timide et en constante remise en question retenir d’un coup de sa présence et de quelques mots lancés l’attention de toute une foule.

 

Mais revenons de plus prêt aux oeuvres de ce personnage… sans lui faire l’affront d’une quelconque appartenance à un courant artistique, on peut le retrouver dans la philosophie de Kandinsky, l’esthétique passant au second plan, seul compte ce qu’elles provoqueront et révéleront, d’abord à lui-même, pour se transformer en outils pour non pas le visiteur, mais l’interlocuteur.

Il ne cherche pas à représenter une réalité, mais plutôt à la faire ressentir, plus belle et plus intense, voir controversée. Il aime particulièrement ces petits détails qui paraissent pour nous anodins et acquis, mais qui sont, pour lui, forcément sujet à réflexion voir à repenser complètement.

 

L'environnement qu’il s’est créé est audacieusement proche de ce qu’il est, avec deux ateliers proches de la frontière française dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Le premier, là où il réfléchi et expérimente, est dans un vieil immeuble et ressemble à l’un de ces nouveaux open space dans le style Google. Le deuxième est dans un ancien silo à grain, là où ses oeuvres prennent vie. Et c’est dans un appartement à l’intérieur d’un château (une Fondation dédiée à l’Art et à la Culture) situé dans le Val-de-Travers qu’il vit.

LES UTOPIES SONT FAITES POUR ÊTRE RÊVÉES,

 LES RÊVES POUR ÊTRE RÉALISÉS !

 

KEEP IT REAL !

ALI.G